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Accident du travail : que doit faire le CSE dans les premières heures ?

Les quatre délais à connaître après un accident du travail : alerte immédiate du CSE, 12 heures en cas de décès, 24 heures pour la réunion d'urgence du CSE et 48 heures pour la déclaration à la CPAM.

Par MARHI Faysal, formateur santé, sécurité et conditions de travail · Mis à jour le

Lecture : 16 minTextes en vigueur vérifiés le 4 octobre 2026Accident du travail et CSE
12 heures
pour informer l’inspection du travail après le décès d’un salarié victime d’un accident du travail (article R. 4121-5)
24 heures
au plus pour réunir le CSE en urgence quand l’employeur et l’élu qui a donné l’alerte divergent sur un danger grave et imminent (article L. 4132-3)
48 heures
pour déclarer l’accident à la caisse primaire d’assurance maladie, dimanches et jours fériés non compris (article R. 441-3)

En résumé : après un accident du travail, l’employeur déclare l’accident à la CPAM dans les quarante-huit heures, dimanches et jours fériés non compris, et informe l’inspection du travail dans les douze heures si le salarié est décédé. Le CSE n’a aucun délai légal pour enquêter, mais les premières heures comptent : se faire informer, vérifier que l’accident est déclaré ou inscrit au registre, s’assurer que le poste est sécurisé et, si le danger persiste, alerter l’employeur, qui doit alors enquêter immédiatement avec l’élu et, en cas de désaccord, réunir le CSE dans les vingt-quatre heures.

Un salarié chute d’un escabeau dans un entrepôt et se blesse à l’épaule ; les secours l’évacuent en fin de matinée. Le responsable RH informe le CSE en fin de journée, sans donner beaucoup plus de détails. Que doivent faire les élus dans les heures qui suivent ?

Cet article traite de ces premières heures : ce que l’employeur doit faire et dans quels délais, ce que les élus peuvent vérifier ou déclencher tout de suite, et ce qui relève de l’alerte pour danger grave et imminent. Trois sujets ont leur propre guide : l’enquête du CSE après un accident du travail (délégation, méthode, rapport), le droit d’alerte en cas de danger grave et imminent (procédure complète) et la déclaration d’accident du travail et les réserves de l’employeur (ce que l’employeur écrit à la caisse).

Qu’est-ce qu’un accident du travail, juridiquement ?

L’article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale range parmi les accidents du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail, à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit. L’Assurance maladie en retient quatre critères : un fait accidentel, lié au travail, daté avec précision, qui cause une lésion corporelle ou psychique.

Un accident survenu pendant et sur le lieu de travail est présumé être un accident du travail : la victime n’a pas à prouver le lien entre l’accident et son travail, et c’est à celui qui conteste de prouver que le fait accidentel est sans lien avec le travail (INRS, Assurance maladie).

La qualification relève de la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), pas de l’employeur ni du CSE. La caisse dispose de trente jours francs à compter de la réception de la déclaration et du certificat médical initial pour statuer ou engager des investigations, notamment si l’employeur a émis des réserves motivées (article R. 441-7). Elle a alors quatre-vingt-dix jours francs, et enquête obligatoirement en cas de décès (article R. 441-8).

Un rôle de vigilance, pas de qualification. Le CSE vérifie que la procédure est respectée ; il ne décide pas si l’accident est professionnel. Pour les réserves de l’employeur, voir notre article sur la déclaration d’accident du travail et les réserves de l’employeur.

Ce que l’employeur doit faire, et dans quels délais

Ces obligations pèsent sur l’employeur, pas sur le CSE. Les élus n’ont pas à les exécuter à sa place, mais ils peuvent en vérifier le respect dès les premières heures.

48 heures : déclarer l’accident à la CPAM

L’employeur ou l’un de ses préposés déclare tout accident dont il a eu connaissance à la CPAM de la victime, par tout moyen conférant date certaine à sa réception, dans les quarante-huit heures non compris les dimanches et jours fériés. Le samedi compte : un accident survenu le vendredi après-midi doit être déclaré au plus tard le lundi après-midi, sauf jour férié.

Pour certains travailleurs victimes d’un accident hors des locaux de l’entreprise (travailleurs à domicile, représentants de commerce), le délai ne court que du jour où l’employeur est informé. La victime doit prévenir l’employeur dans la journée ou au plus tard sous vingt-quatre heures. L’employeur lui remet la feuille d’accident, nécessaire à son indemnisation, sans délai fixé par les textes.

Article L. 441-2 Article R. 441-3 Article R. 441-2 Article L. 441-5

12 heures : informer l’inspection du travail d’un décès

Si l’accident du travail a entraîné le décès du travailleur, l’employeur informe l’agent de contrôle de l’inspection du travail compétent pour le lieu de l’accident immédiatement et au plus tard dans les douze heures qui suivent le décès, sauf s’il établit qu’il n’en a eu connaissance que plus tard : le délai court alors de ce moment.

L’information est transmise par tout moyen conférant date certaine. Elle indique l’identité de l’entreprise et de la victime, la date, l’heure, le lieu et les circonstances de l’accident, et les témoins s’il y en a. Cette obligation s’applique depuis le 12 juin 2023 (décret n° 2023-452 du 9 juin 2023).

Article R. 4121-5 Article R. 4741-2 Décret n° 2023-452

Accident sans arrêt ni soins : le registre des accidents bénins

Pour un accident qui n’entraîne ni arrêt de travail ni soins médicaux, l’employeur peut remplacer la déclaration par une inscription sur un registre, à trois conditions : la présence permanente d’un médecin, d’un pharmacien, d’un infirmier ou d’une personne chargée de l’hygiène et de la sécurité titulaire des diplômes de secouriste et de sauveteur secouriste du travail ; un poste de secours d’urgence ; le respect de l’obligation de constituer le CSE.

L’inscription se fait dans les quarante-huit heures, dimanches et jours fériés non compris, et la victime signe le registre. L’employeur avise le CSE de ce recours ; le registre, conservé cinq ans, est tenu à la disposition du CSE, de l’inspection du travail et des agents de contrôle de la sécurité sociale. Si un arrêt de travail ou des soins surviennent ensuite, l’accident est déclaré à la CPAM dans les quarante-huit heures de cette circonstance nouvelle.

Article L. 441-4 Article D. 441-1 Article D. 441-2 Article D. 441-3 Article R. 441-5

24 heures : l’accident d’un intérimaire

Si la victime est un intérimaire, l’entreprise utilisatrice informe l’entreprise de travail temporaire dans les vingt-quatre heures, par lettre recommandée, et communique la même information, dans le même délai et les mêmes formes, au service de prévention de la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail (Carsat) et à l’inspection du travail.

Le salarié informe l’entreprise utilisatrice ; s’il ne l’a pas fait sur place, il le fait dans les vingt-quatre heures, par lettre recommandée. L’entreprise de travail temporaire, son employeur, déclare ensuite l’accident à la CPAM.

Article L. 412-4 Article R. 412-1 Article R. 412-2

Ce que la loi prévoit pour le CSE dans les premières heures

En dehors de l’alerte pour danger grave et imminent, qui est immédiate, aucun texte ne fixe de délai au CSE pour agir après un accident. La loi lui donne en revanche quatre leviers : être informé, alerter, se réunir et enquêter.

Être informé de l’accident

Pour les accidents inscrits au registre des accidents bénins, l’employeur doit aviser le CSE et tenir le registre à sa disposition. Pour les autres, l’INRS indique que l’employeur informe le CSE ou la CSSCT de tout accident ou incident, quelle qu’en soit la gravité. Le CSE peut aussi consulter les déclarations d’accident.

Le délai et la forme de cette information ne sont pas précisés : le règlement intérieur du CSE ou un accord avec l’employeur peut les fixer.

Article L. 441-4 INRS, enquêtes du CSE

Alerter si le danger persiste

Tout élu qui constate une cause de danger grave et imminent, par exemple une machine à l’origine de l’accident qui n’a pas été neutralisée, alerte immédiatement l’employeur. L’employeur doit alors enquêter immédiatement avec lui et prendre les dispositions nécessaires.

En cas de divergence sur le danger ou sur la façon d’y mettre fin, le CSE est réuni d’urgence, dans un délai de vingt-quatre heures au plus. La procédure est détaillée dans la section suivante.

Article L. 4131-2 Article L. 4132-2 Article L. 4132-3

Se réunir après un accident grave

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, l’employeur réunit le CSE à la suite de tout accident ayant entraîné ou ayant pu entraîner des conséquences graves, ce que l’INRS entend généralement d’un décès, d’une invalidité lourde ou d’un incident qui aurait pu les provoquer.

Dans ces entreprises, deux élus peuvent aussi demander une réunion par une demande motivée, sur un sujet de santé, de sécurité ou de conditions de travail. Si l’employeur est défaillant, l’inspection du travail peut convoquer le CSE, à la demande d’au moins la moitié de ses membres, et le présider.

Article L. 2315-27

Enquêter sur l’accident

Le CSE réalise les enquêtes en matière d’accidents du travail et de maladies professionnelles ou à caractère professionnel, quel que soit l’effectif de l’entreprise (INRS). Une délégation comprenant au moins l’employeur ou son représentant et un représentant du personnel la mène.

Aucun délai légal n’est fixé : la décision est votée en réunion à la majorité des membres présents, et l’INRS précise qu’elle doit être lancée le plus rapidement possible. Pour analyser les faits, il cite la méthode de l’arbre des causes. Le détail est dans notre guide sur l’enquête du CSE après un accident du travail.

Article L. 2312-13 Article L. 2312-5 Article R. 2312-2

Si le danger est toujours là : l’alerte pour danger grave et imminent

C’est le point de vigilance le plus important. Un accident ne déclenche pas à lui seul la procédure : ce qui la déclenche, c’est une cause de danger grave et imminent qui subsiste, par exemple la machine à l’origine de l’accident qui n’a pas été neutralisée. Tout élu qui la constate, notamment par l’intermédiaire d’un travailleur, alerte immédiatement l’employeur, sans attendre une réunion du CSE (article L. 4131-2).

L’alerte pour danger grave et imminent, en cinq étapes
  1. Alerter l’employeur immédiatement. L’élu qui constate la cause de danger en informe l’employeur sans attendre (article L. 4131-2).
  2. Consigner l’avis par écrit. Il est inscrit sur un registre spécial, aux pages numérotées et authentifiées par le tampon du comité. L’avis est daté et signé ; il indique les postes de travail concernés, la nature et la cause du danger et le nom des travailleurs exposés. Le registre est tenu, sous la responsabilité de l’employeur, à la disposition des représentants du personnel au CSE (articles L. 4132-2, D. 4132-1 et D. 4132-2).
  3. Enquêter immédiatement avec l’élu. L’employeur enquête immédiatement avec l’élu qui a signalé le danger et prend les dispositions nécessaires pour y remédier (article L. 4132-2).
  4. En cas de divergence, réunir le CSE d’urgence. Si l’employeur et l’élu ne s’accordent pas sur la réalité du danger ou sur la façon d’y mettre fin, notamment par arrêt de la machine ou de l’installation, le CSE est réuni dans un délai de vingt-quatre heures au plus. L’employeur informe immédiatement l’inspection du travail et l’agent du service de prévention de la caisse régionale d’assurance maladie (aujourd’hui la Carsat), qui peuvent assister à la réunion (article L. 4132-3).
  5. À défaut d’accord, saisir l’inspecteur du travail. Si l’employeur et la majorité du CSE ne s’accordent pas sur les mesures à prendre, l’employeur saisit immédiatement l’inspecteur du travail, qui engage une mise en demeure ou la procédure de référé (article L. 4132-4).

Le salarié exposé peut, lui, se retirer d’une situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé (article L. 4131-1) : c’est un droit distinct de l’alerte de l’élu. Voir notre guide sur le droit d’alerte en cas de danger grave et imminent et notre article CSE et inspection du travail.

Si le salarié est décédé : les règles particulières

Quand l’accident est mortel, les délais sont plus courts et la procédure plus lourde. Les élus ont intérêt à vérifier ces quatre points dès le premier jour.

Accident du travail mortel : les points à vérifier
  • L’employeur informe l’inspection du travail immédiatement et au plus tard dans les douze heures qui suivent le décès (article R. 4121-5). C’est son obligation, pas celle du CSE ; le défaut d’information est puni de l’amende des contraventions de la 5e classe (article R. 4741-2).
  • Il déclare aussi l’accident à la CPAM dans les quarante-huit heures ; la caisse enquête obligatoirement, sans questionnaire préalable (article R. 441-8).
  • Dans une entreprise d’au moins 50 salariés, le CSE est réuni à la suite de l’accident (article L. 2315-27), et l’INRS indique qu’une enquête du CSE devrait systématiquement avoir lieu.
  • Le temps passé à cette enquête n’est pas déduit des heures de délégation des titulaires lorsque l’accident est grave (INRS).

Qui fait quoi, dans quel délai : le tableau de synthèse

Le tableau distingue les démarches assorties d’un délai chiffré et celles pour lesquelles aucun délai n’est fixé.

ActionQuiDélaiTextes
Prévenir l’employeur de l’accidentLa victimeDans la journéeau plus tard sous 24 heuresR. 441-2
Déclarer l’accident à la CPAML’employeur48 heuresdimanches et jours fériés non comprisL. 441-2 ; R. 441-3
Remettre la feuille d’accident à la victimeL’employeurAucun délai fixépar les textesL. 441-5 ; R. 441-11
Inscrire un accident bénin au registreL’employeur, s’il remplit les conditions48 heuresdimanches et jours fériés non comprisL. 441-4 ; D. 441-1 ; D. 441-3
Informer l’inspection du travail d’un décèsL’employeur12 heuresaprès le décès (ou après sa connaissance par l’employeur, si elle est plus tardive et justifiée)R. 4121-5
Intérim : informer l’agence, la Carsat et l’inspection du travailL’entreprise utilisatrice24 heurespar lettre recommandéeL. 412-4 ; R. 412-2
Alerter l’employeur d’un danger grave et imminent, puis enquêter avec l’éluUn élu du CSE, puis l’employeurImmédiatementL. 4131-2 ; L. 4132-2
Réunir le CSE en cas de divergence sur le dangerL’employeur24 heuresau maximumL. 4132-3
Réunir le CSE après un accident grave (50 salariés et plus)L’employeurAucun délai fixé« à la suite » de l’accidentL. 2315-27
Enquêter sur les causes de l’accidentUne délégation : l’employeur et un élu au moinsAucun délai légalle plus rapidement possible (INRS)L. 2312-13 ; L. 2312-5 ; R. 2312-2

Le samedi compte, le dimanche non. Les quarante-huit heures de la déclaration à la CPAM excluent les dimanches et les jours fériés. Ce n’est donc ni « 48 heures ouvrées », ni « deux jours ouvrés ».

Ce que le CSE peut faire concrètement

Ces actions relèvent de la bonne pratique, pas d’une obligation légale : hors alerte, les textes ne fixent aucun délai aux élus. Les articles cités indiquent ce qui s’appuie sur la loi.

  1. Obtenir les faits dès le jour même. Demander par écrit à la direction qui, quand, où, comment, quelles suites médicales connues et quelles mesures déjà prises : l’écrit garde la trace de la date et de la réponse.
  2. Vérifier que l’accident est déclaré ou inscrit. Demander la date et le mode d’envoi de la déclaration à la CPAM ; si un registre des accidents bénins existe, demander à le consulter (article L. 441-4).
  3. Contrôler la remise de la feuille d’accident, nécessaire à l’indemnisation de la victime (article L. 441-5).
  4. S’assurer que le poste ou la machine est sécurisé. Si le danger persiste, alerter l’employeur sans attendre et consigner l’avis par écrit sur le registre spécial (articles L. 4131-2, L. 4132-2 et D. 4132-1).
  5. Faire préserver les éléments utiles à l’enquête. Demander la conservation de l’équipement, des protections, des consignes et des relevés, dans la limite de ce que la sécurité permet. La délégation d’enquête peut prendre des photos ou filmer les lieux, sous réserve du droit à l’image (INRS).
  6. Recenser les témoins, sans les interroger formellement à ce stade : leur participation à l’enquête est volontaire (INRS).
  7. Proposer son aide à la victime, si elle y consent. Lui rappeler qu’elle doit informer l’employeur sous vingt-quatre heures (article R. 441-2) et qu’elle peut elle-même déclarer l’accident à la CPAM jusqu’à la fin de la deuxième année qui suit (article L. 441-2), sans diffuser d’information médicale ni de détail sur sa vie privée.
  8. Demander une réunion et préparer l’enquête. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, réunion du CSE si l’accident est grave, ou à la demande motivée de deux élus (article L. 2315-27) ; enquête inscrite à l’ordre du jour et votée ; CSSCT sollicitée, quand elle existe, pour préparer l’enquête et une visite ciblée du poste (voir nos conseils sur les visites et inspections SSCT du CSE).
  9. Regarder ce que dit le DUERP. Le risque à l’origine de l’accident y figurait-il, avec quelles mesures ? Le document unique doit être mis à jour lorsqu’une information nouvelle sur un risque parvient à l’employeur (article R. 4121-2). Voir nos articles sur les documents que le CSE peut demander à l’employeur et sur les obligations de l’employeur en matière de DUERP.

Les erreurs à éviter

Quatre erreurs fréquentes dans les premières heures
  • Confondre l’alerte et l’enquête. L’alerte vise à faire cesser un danger qui persiste ; l’enquête vise à comprendre les causes d’un accident déjà survenu (INRS).
  • Attendre la réunion ordinaire pour signaler un danger grave et imminent. L’alerte est immédiate (article L. 4131-2) ; en cas de désaccord, le CSE se réunit d’urgence dans les vingt-quatre heures (article L. 4132-3).
  • Croire qu’un accident bénin ne mérite aucune vigilance. La gravité apparente ne préjuge pas des suites : si un arrêt de travail ou des soins surviennent ensuite, l’employeur doit déclarer l’accident dans les quarante-huit heures de cette circonstance nouvelle (articles L. 441-4 et R. 441-5).
  • Laisser la victime seule, ou attendre que l’employeur déclare. La victime ou ses représentants peuvent déclarer l’accident à la CPAM jusqu’à la fin de la deuxième année qui suit l’accident (article L. 441-2).

Cas particuliers et limites

Intérimaires et salariés d’entreprises extérieures

Pour un intérimaire, l’entreprise de travail temporaire est l’employeur et déclare l’accident, tandis que l’entreprise utilisatrice, responsable pendant la mission des conditions d’exécution du travail, y compris en matière de santé et de sécurité (article L. 1251-21), prévient l’agence, la Carsat et l’inspection du travail sous vingt-quatre heures. Pour un salarié d’une entreprise extérieure, c’est son employeur qui déclare l’accident ; le plan de prévention fait partie des documents que l’enquête peut consulter (INRS).

Entreprises sans commission santé, sécurité et conditions de travail

La CSSCT est obligatoire dans les entreprises et les établissements distincts d’au moins 300 salariés, ainsi que dans les établissements comportant une installation à risque mentionnée à l’article L. 4521-1, comme une installation nucléaire de base (article L. 2315-36). En dessous, l’inspecteur du travail peut en imposer la création lorsque la nature des activités, l’agencement ou l’équipement des locaux le justifie (article L. 2315-37). Sans CSSCT, c’est le CSE qui exerce ces prérogatives. Voir notre guide sur la commission santé, sécurité et conditions de travail.

À vérifier dans votre entreprise. Un accord collectif ou le règlement intérieur du CSE peut organiser l’information des élus, la désignation de la délégation d’enquête ou le fonctionnement de la CSSCT. Pensez à les consulter avant d’agir : ils précisent souvent ce que la loi laisse ouvert.

Savoir quoi faire dès les premières heures : la formation SSCT des élus

La formation santé, sécurité et conditions de travail est due aux élus du CSE, pour une durée minimale de cinq jours au premier mandat et de trois jours en cas de renouvellement (article L. 2315-18), à la charge de l’employeur. Elle donne les réflexes et les repères juridiques pour réagir à un accident : alerter, vérifier la déclaration, préparer l’enquête avec la méthode de l’arbre des causes. Centre Agréé CSE intervient dans vos locaux, partout en France. Découvrez la formation SSCT.

Questions fréquentes

Le CSE doit-il être informé de chaque accident du travail, même bénin ?

Oui, selon l’INRS : l’employeur informe le CSE ou la CSSCT de tout accident ou incident, quelle qu’en soit la gravité. Pour un accident bénin inscrit au registre, le Code de la sécurité sociale impose en plus d’aviser le CSE du recours au registre et de le tenir à sa disposition (article L. 441-4). Le délai et la forme de l’information ne sont pas précisés : le règlement intérieur du CSE ou un accord avec l’employeur peut les fixer.

Quel est le délai pour déclarer un accident du travail à la CPAM ?

Quarante-huit heures, non comprises les dimanches et jours fériés (article R. 441-3) : le samedi compte, ce n’est ni 48 heures ouvrées ni deux jours ouvrés. L’employeur déclare tout accident dont il a eu connaissance (article L. 441-2). S’il ne le fait pas, la victime ou ses représentants peuvent déclarer l’accident à la caisse jusqu’à la fin de la deuxième année qui suit l’accident.

Que faut-il faire en cas d’accident du travail mortel ?

L’employeur informe l’inspection du travail immédiatement et au plus tard dans les douze heures qui suivent le décès (article R. 4121-5), et déclare l’accident à la CPAM dans les quarante-huit heures ; la caisse enquête obligatoirement (article R. 441-8). Dans une entreprise d’au moins 50 salariés, le CSE est réuni à la suite de l’accident (article L. 2315-27). L’INRS indique qu’une enquête du CSE devrait systématiquement avoir lieu, et que son temps n’est pas déduit des heures de délégation.

Le CSE peut-il exiger l’arrêt immédiat d’une machine après un accident ?

Non : ni le CSE ni un élu ne peut décider seul d’arrêter une machine. Un élu qui constate un danger grave et imminent alerte immédiatement l’employeur, qui enquête avec lui et prend les mesures nécessaires (articles L. 4131-2 et L. 4132-2). En cas de divergence, le CSE est réuni d’urgence dans les vingt-quatre heures ; à défaut d’accord, l’employeur saisit l’inspecteur du travail, qui peut mettre en demeure ou saisir le juge des référés (articles L. 4132-3 et L. 4132-4). Le salarié exposé peut, lui, exercer son droit de retrait (article L. 4131-1).

L’enquête du CSE doit-elle être lancée dans un délai précis ?

Non, aucun délai légal ne s’impose pour décider d’une enquête. L’INRS précise toutefois qu’elle doit être lancée le plus rapidement possible, pour identifier rapidement les éléments qui ont conduit à l’accident et éviter qu’un accident similaire se reproduise. La décision est votée en réunion à la majorité des membres présents. La mission d’enquête s’exerce quel que soit l’effectif de l’entreprise ; la réunion obligatoire après un accident grave concerne celles d’au moins 50 salariés.

Qui peut accompagner un salarié victime d’un accident du travail ?

Aucun texte n’impose cet accompagnement. Un élu ou un membre de la CSSCT peut proposer son aide, si le salarié y consent et si sa vie privée est respectée : lui rappeler ses démarches (informer l’employeur sous vingt-quatre heures, présenter la feuille d’accident, déclarer lui-même l’accident à la CPAM si l’employeur ne le fait pas) et l’orienter vers le service de prévention et de santé au travail. Sa participation à l’enquête est volontaire (INRS).

Que risque un employeur qui ne déclare pas un accident du travail ?

Ne pas déclarer l’accident, ne pas remettre la feuille d’accident ou ne pas inscrire l’accident bénin au registre est une contravention de 4e classe : 750 € au plus pour une personne physique, 3 750 € pour une personne morale, portée à la 5e classe en cas de récidive dans l’année (article R. 471-3 ; articles 131-13 et 131-41 du Code pénal). La CPAM peut en outre recouvrer auprès de l’employeur la totalité des dépenses faites à l’occasion de l’accident et prononcer une pénalité financière (articles L. 471-1 et L. 114-17-1). Ne pas informer l’inspection du travail d’un décès dans les douze heures est puni de l’amende des contraventions de 5e classe : 1 500 € (3 000 € en cas de récidive), ou 7 500 € (15 000 €) pour une personne morale (article R. 4741-2).

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