Par MARHI Faysal, formateur santé, sécurité et conditions de travail · Publié le
Tribune signée Faysal Marhi, formateur SSCT.
Depuis la fin de l’agrément, je vois passer les mêmes tableaux : trois devis, trois prix, et la conviction qu’il suffit de prendre le moins cher — ou le plus cher, « pour la qualité ». Les deux raisonnements se trompent de colonne. En formation CSE, le prix ne dit presque rien. Le formateur dit presque tout.
Le devis cache l’essentiel
Une formation CSE, ce n’est pas un produit sur une étagère. C’est une personne, debout devant vos élus pendant cinq jours. Si cette personne a siégé en instance, mené des enquêtes, négocié avec des directions, vos élus repartiront avec des réflexes. Si c’est un intervenant interchangeable qui découvre le sujet dans le diaporama, vos élus repartiront avec un classeur. Même programme sur le papier, même prix parfois. Résultat sans rapport.
Or que compare-t-on dans les entreprises ? Le tarif, la plaquette, le délai de réponse. Presque jamais le nom de celui ou celle qui animera. C’était déjà un angle mort du temps de l’agrément ; depuis sa suppression, c’est devenu un piège. J’ai expliqué ailleurs ce que la fin de l’agrément change concrètement pour le choix d’un organisme : l’essentiel tient en une phrase. Plus personne ne trie à votre place.
Trois questions qui valent mieux que trois devis
Première question : qui animera, nommément, et qu’a-t-il fait avant ? Une réponse du type « un intervenant qualifié » est une réponse. Mauvaise. Deuxième question : que change la réforme de 2026 pour notre entreprise ? Celui qui patauge sur sa propre réglementation pataugera sur la vôtre. Troisième question : où sont vos avis, et résistent-ils à la vérification ? J’ai détaillé comment lire et vérifier les avis d’un organisme de formation — c’est un exercice plus instructif que n’importe quelle plaquette.
Ajoutez-y un réflexe administratif qui prend deux minutes : vérifier la déclaration d’activité de l’organisme. C’est public, c’est gratuit, et cela élimine d’entrée les fantômes.
Le prix, alors ? Il compte, évidemment — c’est l’argent de la prévention. Mais regardez-le en dernier, pas en premier. Cinq jours de formation médiocre coûtent exactement le même budget que cinq jours qui transforment un CSE. La différence ne se lit pas sur le devis : elle se lit trois mois plus tard, en réunion, quand vos élus osent — ou n’osent pas — questionner le document unique.
Mon conseil tient en une ligne : exigez un devis détaillé, mais lisez-y d’abord le nom du formateur. S’il n’y figure pas, vous savez déjà à quoi vous en tenir.
Faysal Marhi, formateur SSCT et dirigeant de CENTRE AGRÉÉ CSE. Il forme environ 300 élus du CSE par an, en inter et en intra-entreprises, partout en France.
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